Paie 2026 : 7 changements essentiels pour la conformité

Découvrez les 7 changements clés de janvier 2026 : PASS, ruptures conventionnelles, CDD reconversion, TESE/CEA. Checklist de conformité paie pour TPE/PME.


Paie & Administration 19 janvier 2026 Gérald Houzé 8-9 min de lecture

Paie 2026 : 7 changements essentiels pour la conformité
Illustration - MontaiguRH

Introduction

Chaque 1er janvier apporte son lot de changements réglementaires, mais 2026 se distingue par l'ampleur des réformes affectant la paie et les contrats de travail. Plafond de Sécurité sociale, ruptures conventionnelles plus coûteuses, nouveaux types de contrats, simplification des déclarations : ces modifications impactent directement la trésorerie des TPE/PME et exigent une mise à jour rapide des processus. Cet article vous présente les 7 changements majeurs et vous propose une checklist pour démarrer l'année en conformité.

1. Le nouveau plafond PASS à 4 005 € : impact immédiat sur les cotisations

À compter du 1er janvier 2026, le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) passe de 3 925 € à 4 005 € mensuels, soit une augmentation de 2 %. En valeur annuelle, le PASS atteint 48 060 €. Cette hausse est mécanique et s'applique automatiquement à tous les calculs de cotisations sociales, allocations familiales, et plafonds d'exonération.

Bien que modérée, cette augmentation entraîne des conséquences cascades : les indemnités de licenciement, les montants de droits à formation, les seuils d'accès aux dispositifs d'épargne salariale sont tous recalculés sur cette base. Les autres valeurs du PASS pour 2026 sont les suivantes : 12 015 € en valeur trimestrielle, 924 € en valeur hebdomadaire, 220 € en valeur journalière, et 30 € en valeur horaire.

Impact sur votre paie 2026

  • Cotisations sociales : recalcul systématique des taux et assiettes
  • Plafonds d'exonération hors secteur agro-alimentaire : passage à 4 005 € mensuels
  • Épargne salariale : augmentation des plafonds d'abondement (ex : 8% du PASS = 3 844,80 €)
  • Démarche : mettre à jour votre logiciel paie ou alerter votre expert-comptable/prestataire paie avant le 1er janvier

2. Ruptures conventionnelles : +10 points de contribution à 40 %

C'est le changement le plus impactant financièrement. Le PLFSS 2026 relève de 10 points le taux de contribution patronale sur les ruptures conventionnelles et les mises à la retraite à l'initiative de l'employeur. Le taux monte de 30 % à 40 % sur l'indemnité de rupture, effective immédiatement depuis le 1er janvier 2026.

Concrètement, une rupture conventionnelle d'indemnité 20 000 € coûtera désormais 8 000 € de contribution à l'Urssaf, contre 6 000 € précédemment. Cet alourdissement de 2 000 € par rupture représente un surcoût significatif, notamment pour les PME fréquemment amenées à négocier des départs. Le gouvernement affiche clairement son objectif : réduire l'usage de la rupture conventionnelle au profit de la mobilité interne ou d'autres modes de séparation.

"Pour une PME signant 5 ruptures par an, le surcoût annuel s'élève à 10 000 € sur la masse salariale. Une augmentation qu'il devient impossible d'ignorer lors de la budgétisation RH." — Impact opérationnel source FOXY RH

Stratégies pour limiter le surcoût

  • Privilégier la mobilité interne avant une rupture conventionnelle
  • Explorer les dispositifs de transition professionnelle (ex : CDD reconversion) comme alternative
  • Auditer systématiquement le taux de départs via rupture conventionnelle : s'il dépasse 30 % des départs, revoir les causes de désengagement
  • Simuler à l'avance le coût total employeur (indemnité + 40 % contribution) avant de négocier
  • Documenter objectivement le choix du mode de rupture (rupture vs licenciement vs démission) pour justifier la décision

3. Le nouveau CDD de reconversion pour les seniors et la mobilité

Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises disposent d'un nouvel outil contractuel : le CDD de reconversion. Contrairement aux anciens dispositifs (Pro-A, Transco), ce CDD est un contrat de travail classique avec intégration d'une période de reconversion professionnelle certifiante. Son objectif est d'accompagner les salariés, notamment seniors, vers un changement de métier ou une mobilité professionnelle interne ou externe.

Le CDD de reconversion s'étend de 6 à 12 mois (extensible jusqu'à 36 mois sous conditions d'accord de branche). La formation intégrée représente entre 150 et 450 heures sur la période, répartie selon le projet professionnel. Le texte officiel précise qu'aucune condition d'âge ni d'ancienneté ne s'applique : tous les salariés, en CDI ou en CDD, cadres ou non, à temps plein ou partiel, peuvent accéder à ce dispositif.

Pendant la reconversion, le salarié bénéficie d'un conseil en évolution professionnelle (CEP) pendant son temps de travail, financé par le dispositif. Le contrat maintient le lien de subordination et le paiement de salaire, sans rupture brutale du parcours. Cette flexibilité en fait un outil attrayant pour les TPE souhaitant fidéliser les talents tout en les reconvertissant vers des besoins spécifiques.

4. TESE/CEA simplifiés : gestion partielle désormais autorisée

À compter du 1er janvier 2026, une simplification majeure concerne les entreprises utilisant le Titre Emploi Service Entreprise (TESE) ou le Chèque Emploi Associatif (CEA) auprès de l'Urssaf. Jusqu'en 2025, ces dispositifs s'appliquaient à l'ensemble des salariés ou à aucun. Depuis 2026, les entreprises peuvent choisir de gérer une partie de leurs effectifs via TESE/CEA et le reste via un système classique (expert-comptable, logiciel interne, paie externalisée).

Cette flexibilité profite particulièrement aux entreprises avec un effectif mixte : par exemple, un restaurateur peut gérer ses extras et salariés saisonniers via TESE, tandis que ses permanents demeurent traités par un cabinet comptable traditionnel. Les DSN (Déclarations Sociales Nominatives) sont alors fractionnées en plusieurs « fractions » pour différencier les modes de gestion.

Mise en place requise

  • Entreprises utilisant actuellement TESE/CEA : aucune démarche d'adhésion supplémentaire requise si vous conservez le status quo
  • Si vous utilisez un tiers déclarant (expert-comptable, prestataire paie) : impératif de l'informer par écrit de votre souhait de gérer partiellement via TESE/CEA, en lui transmettant la fiche « DSN fractionnée »
  • Entreprises non-adhérentes : adhésion possible dès maintenant auprès de l'Urssaf, en précisant la couverture partielle ou totale au moment du dossier
  • Avantage clé : simplification administrative maximale pour les contrats précaires, sans rupture pour le reste de l'effectif

5. Autres changements clés : cumul emploi-retraite et durée du travail

Deux dispositions supplémentaires du PLFSS 2026 méritent attention. Premièrement, le cumul emploi-retraite pour les seniors est désormais plafonné à 160 % du SMIC mensuel, sauf exception pour les salariés ayant atteint 67 ans (cumul sans limite). Cette mesure vise à maîtriser les dépenses de retraite complémentaire et à encourager le départ progressif plutôt que la cumul systématique.

Deuxièmement, certaines réductions de cotisations sur les heures supplémentaires sont élargies. La déduction de 1,50 € par heure supplémentaire s'applique à présent à toutes les entreprises, y compris celles de plus de 250 salariés (auparavant limitée aux entreprises de 20 à 250 salariés). Cette mesure encourage la flexibilité horaire dans les grandes structures en allégeant légèrement les cotisations patronales liées au dépassement du seuil légal.

6. Nouvelle dématérialisation et portail unique « Mes démarches travail »

Depuis janvier 2026, un portail centralisé intitulé « Mes démarches travail » (travail-emploi.gouv.fr) permet à tous les employeurs de procéder dématérialisées à la déclaration préalable des chantiers (SPS catégories 1 et 2) ainsi qu'aux demandes de rupture ou transfert de salariés protégés. Cette centralisation simplifie les démarches administratives et réduit les risques d'omission documentaire, en particulier pour les TPE sans département RH dédié.

Pour MontaiguRH, cet outil contribue à la simplification globale de la gestion RH en regroupant plusieurs démarches jusque-là éparpillées sur différents portails. Les entreprises n'ayant pas de référent digital doivent toutefois anticiper une formation minimale sur ce portail pour éviter tout blocage administratif.

7. Augmentation du SMIC et autres valeurs de référence

Comme chaque année, le SMIC connaît une revalorisation au 1er janvier 2026. Ces ajustements impactent les grilles de salaire minimums, les calculs de préavis, les indemnités de licenciement, et les allocations d'assurance chômage. Pour toute entreprise fonctionnant sur des grilles indexées au SMIC ou proposant des augmentations mécaniques, une mise à jour contractuelle et des simulations paie sont indispensables avant la clôture des fiches de paie de janvier.

Checklist de conformité paie pour débuter 2026

Vous naviguer parmi ces sept changements ? Voici une checklist structurée à valider avant le 31 janvier 2026 :

  • ✅ Mettre à jour le PASS dans votre logiciel paie ou alerter votre prestataire : 4 005 € mensuels (48 060 € annuels)
  • ✅ Revoir les simulations de coût RH pour les ruptures conventionnelles : passage de 30 % à 40 % de contribution
  • ✅ Informer votre expert-comptable/prestataire paie de tout changement de stratégie TESE/CEA (si applicable)
  • ✅ Actualiser les valeurs de référence : SMIC, indemnités, plafonds d'exonération, seuils d'épargne salariale
  • ✅ Explorer le CDD de reconversion comme outil de fidélisation et mobilité (notamment pour les seniors)
  • ✅ Vérifier l'accès au portail « Mes démarches travail » pour futurs besoins administratifs
  • ✅ Auditer votre taux de ruptures conventionnelles : si > 30 % des départs, identifier les causes de démotivation
  • ✅ Valider le recalcul de la paie sur l'ensemble de vos effectifs avant la fin du mois de janvier

Nombreuses entreprises de TPE/PME qui souhaitent sécuriser ces démarches font appel à un expert pour une mise à jour de conformité début d'année. Pour un audit approfondi de votre paie 2026 ou une évaluation d'impact financier spécifique à votre structure, MontaiguRH propose des prestations de révision paie et mise à jour réglementaire, garantissant une transition en toute conformité.

Conclusion

2026 marquera un tournant dans la gestion administrative et financière de la paie pour les entreprises françaises. De l'augmentation du PASS au durcissement des ruptures conventionnelles, en passant par la flexibilisation des outils TESE/CEA, chaque changement requiert une anticipation minutieuse. Les TPE/PME qui adopteront rapidement ces réformes renforceront leur conformité et éviteront les pénalités ou redressements Urssaf. L'année 2026 offre également des opportunités : le CDD de reconversion et les portails simplifiés permettent une gestion plus flexible et efficiente des parcours professionnels. La clé du succès reste la documentation rigoureuse des choix RH et le dialogue anticipé avec ses partenaires (experts-comptables, prestataires paie, avocats du travail) pour anticiper l'impact budgétaire de ces changements.

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